
"Je me définis ainsi, peintre des contrastes et des profondeurs dédiés à la lumière. Mes toiles par leur mouvement et leur relief captent la lumière naturelle toute la journée, c'est un spectacle continu par le jeu de la réflexion de la lumière. Rarement mono pigmentaire, ma peinture est rendue poignante par la solennité du bleu outremer foncé.Ce que j'essaie de reproduire, c'est l'éblouissement de la lumière de l'aube au crépuscule. De ma jeunesse passée dans le Sud de la France, je garde en mémoire des moments de vie intense sous le soleil de Bandol où bien souvent je dessinais d'immenses arabesques sur le sable. Ma peinture est comme moi, violente, exaltée, enflammée et douce à la fois selon les moments et l'humeur."
Jordon's references to different artistic movements stems from his extensive travels and a wide cultural background bequeathed by Picasso, Miro, Matisse, de Stael, Masson, Willem de Kooning, Kandinsky, Kline, Klee, Rothko, Soulages, Debré. Confronting geometric abstraction, and taking inspiration from Pollock, Jordon takes up again the art of "dripping". Adept at intuitive, gestural art, he mixes staining, lines, splashing, projections of color on a uniform or toned down ground, forceful and harmonious signs of brushstrokes, using the brush like a whip.
Dripping 96, laque glycéro sur toile sur bois
(122x200 cm)
Jordon nous convie dans un univers où la lumière « or » domine le fond de son œuvre. Ce monde qui attire l’œil par l’éclat de cette couleur riche et précieuse est comme perturbé par l’intensité du dripping que le peintre utilise avec volupté pour créer toutes ces arabesques qui s’entrelacent et tourbillonnent créant une agitation folle voire démesurée.
Oui la démesure est bien réelle et correspond au besoin de l’artiste de traduire son exaltation et son amour pour la peinture.
D’ailleurs elle lui permet de libérer son imagination grâce à l’espace que lui offre le format de cette toile (122x200 cm) et aussi bien évidemment cette technique du dripping, initiée par Pollock, qui favorise par excellence le pur automatisme psychique de façon immédiate et spontanée.
En réalité cette peinture qui explose est toute en finesse, comme un assemblage de fils qui s’entremêlent à l’infini créant des jeux d’interconnexion d’une rare complexité.
Or cette frondaison particulière de signes semble être maîtrisée comme par enchantement. Les giclures et coulures sont pensées comme des pistes d’un cheminement qui conduisent à des recentrages ou à des enfouissements.
Certes le subconscient de l’artiste s’exprime mais il est comme voilé par la surcharge volontaire de signes qui brouillent sa lisibilité, son être profond reste invu et se dissimule derrière ce fourmillement intense le protégeant d’un certain voyeurisme. Et l’on ne voit seulement en apparence que l’énergie vitale qui s’exprime à l’état brut.
De surcroît l’artiste réussit à adoucir la brutalité de cette même énergie en surajoutant à la couleur initiale de son dripping (noire) une couleur d’un blanc bleuté permettant au final une ouverture, une respiration de l’être.
Si l’œuvre reste le théâtre d’une succession de conflits apparemment sans issue, la lumière quant à elle reste maîtresse du jeu : car cet « or » transcende tout !

Red dream (22-10-2004) peintures mixtes sur toile( 130x130 cm)

Sans titre (18-08-2004)

Eruptia (26-11-2005) laque glycéro sur toile sur bois( 115x150 cm)
1. dfd Le 14/01/2007 à 19:29