Reportage vidéo sur les oeuvres de Jean-Louis Trévisse réalisé en août 1982 par le service audiovisuel de la Médiathèque de Metz . La vidéo a été dupliquée à partir d'une casette VHS et se présente sur le site en trois parties. Malgré la mauvaise qualité du film, celui-ci reste un témoignage visuel unique de l'artiste et de ses oeuvres. Vous verrez notamment Trévisse dans la troisième vidéo (à la fin du film).( cliquez le triangle central pour activer la vidéo)
A video report on works of Jean Louis Trévisse, made in 1982, August by the audiovisual service of Mediatheque (in Metz, France). The video has been duplicated from a video cassette and it’s cut in three parts. In spite of the fact that the quality of video is bad, it is the only remaining visual testimony of the artist and his works. You will see Trevisse in the third video (at the end of the film).
Texte en voix off :
Première vidéo:
DESSINS REVUS ET CORRIGES
" La mort, la souillure, le sexe, l’excrément étaient les thèmes privilégiés de Jean-Louis Trévisse il y a dix ans. Cette série de dessins à la plume ont un aspect violent non pas tant par la technique qui reste sage et classique mais par ses sujets.
Ils sont traités dans un espace graphique organisé, discipliné même ! Les noirs, les gris ont des rapports intimes, parfois précieux. Mais ce constat visuel ne dure que le temps d’un clin d’œil, car soudain vous voyez les dessins dans leur entier.
Il en éname une vision de saccage. Les corps mutilés sont figés dans des attitudes cataleptiques. Un monde absurde se meut qui parait sans souffle, sans vie : c’est une vision destructrice qu’il rejette à présent.
Mais alors après ce constat pourquoi avoir montré ces dessins ? Et bien,Il est bien nécessaire de montrer ces cheminements pour mieux les assumer, les oublier, voire les détruire.
Le misérabilisme mystique l’avait entraîné dans une impasse qui l’a conduit au reniement des formes esthétiques qui étaient alors les siennes.
Dans cet autoportrait, vous semblez avoir la tête plongée dans des draperies mystérieuses qui s'agitent silencieusement tendues dans les ouragans d'un autre monde.
ENCRES - AQUARELLES ( espace du dedans)
Sans esquisse préalable, les éléments plastiques qui composent ces petites boites mises sous verre sont le fruit d’un imaginaire intérieur qui se veut libre de toute référence au réel. Ces encres et aquarelles sont de petite taille , elles font partie d’un projet difficile à réaliser pour l’heure de grandes tapisseries.
L’espace est pris dans l’échange du dehors et du dedans, de l’intérieur et de l’extérieur, de la limite et de l’infini, dialectique complexe qu’il conviendrait de soumettre à l’analyse.
Parfois la transparence du verre fait l’illusion. De légères brisures sont le signe de l’illusion. Souvent la boite est lisse et les rigueurs dans la présentation, dans l’encadrement et le cadre limite l’œuvre, la clôture comme un cerne, le cadre devient œuvre.
Un ascétisme fait de sensualité contenue a remplacé le lyrisme des dessins revus et corrigés. »
Deuxième vidéo:
SCULPTURES 79-82
"Jean-Louis Trévisse a toujours eu le goût des volumes pleins et bien finis. Le grattage, les surfaces brutes ne l’intéressent pas, il tend vers la perfection formelle.
L’art égyptien très poli, les pierres du romano-gothique, le marbre grec , l’art nègre le fascinent. Il aime les volumes élaborés et polis sans oublier pour y revenir les galets, ce mi-chemin entre la rêverie et la fantaisie de l’élément créateur.
Il passe beaucoup de temps à la finition, au parachèvement de ses sculptures, par là même il exprime sa volonté de résistance à la vitesse du temps. Les fruits d’aujourd’hui naissent trop vite, ils sont trop verts, ils mûrissent trop tôt. Il faut du temps pour la contemplation. Nous sommes dépossédés du temps.
Des convexités plus ou moins accentuées, des volumes sphériques organiques se dégageant une sensualité, un plaisir tactile parent du jeu qui procure une véritable acmé de l’ordre d’une pan- jouissance panique.
Le bois est une matière vivante, métamorphosée par amour et patience. Le travail est long pour faire naître des saillies, des pleins, des creux signes du dialogue qui s’ébauche entre l’élément minéral et l’élément liquide.
ACRYLIQUES
Dans la pratique l’exécution est traditionnelle, peinture, pinceau, pour un rendu, pour une image qui est celle du mouvement. Mais sensible à une époque où tout bouge, où l’image triomphe, Trévisse est un peintre ambivalent, un peintre de l’enchevêtrement, à la fois tributaire du temps matière dans l’élaboration et de l’espace spirituel dans sa dimension d’exploration.
En vous donnant la définition du mot acrylique, vous en saisirez mieux la chimie, sa chair, son corps et ainsi vous parviendrez peut être à apprécier son parfum...( formule chimique)
Je ne sais quel empereur disait qu’il existe trois soleils dont le premier seul est visible. Je n’ai jamais douté qu’Arthaud vit à son gré le second.
- L’ombre de l’éclipse fait un mur sur les zigzags de la haute maçonnerie céleste – (A.Arthaud)
Troisième vidéo :
ACRYLIQUE SUR POLYAMIDE
"Il y a un décalage entre ce que la forme indique et ce que la couleur transmet. De la parfaite cohérence entre ces deux éléments, l’un figé, l’autre dynamique naît l’harmonie générale.
La violence qui se manifeste est à peine contenue. Elle vient des profondeurs. C’est une peinture de chair et de sang, c’est un cri d’amour et d’espoir. La transcription de ce cri sur la toile est soit primitive, soit sophistiquée : elle souligne la permanence des obsessions de l’individu et de sa révolte.
Les cris d’Antonin Artaud sont les seuls dont les murs se souviendront !
Jean-Louis Trévisse aime Antonin Arthaud, Arthaud le mômo, Arthaud le refus, il aime cet homme comme on peut aimer une clameur.
Aimer les cris, les cris d’Antonin Arthaud les plus fous, les plus beaux, les plus forts, tellement forts et tellement hauts que la voûte céleste en tremble encore. Un jour peut être se penchera-t-elle sur la conscience humaine ? »
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