" Picasso n'a jamais rencontré Cézanne, ni échangé la moindre correspondance avec son aîné de quarante-deux ans. Il ne lui a rendu aucun hommage direct, comme il le fit si souvent avec d'autres artistes, en s'inspirant de leurs tableaux - Ménines de Vélasquez, Femmes d'Algerde Delacroix ou Déjeuner sur l'herbede Manet.
Pourtant, selon ses proches, le nom qui, jusqu'à la fin de sa vie, revint le plus souvent dans sa conversation n'était pas celui de Van Gogh ou d'un peintre espagnol, mais bien celui de Cézanne. « Il était notre père à tous », confiera-t-il à son ami Brassaï, évoquant l'influence exercée par Cézanne sur toute la jeune génération des Braque, Gauguin, Derain, dont il faisait partie. Picasso ajouta même que Cézanne avait été son « seul et unique maître ».
Aveu suprême ? En 1959, lorsqu'il quitte La Californie, sa villa cannoise, c'est pour s'installer près d'Aix, ville natale de Cézanne, et emménager dans le château de Vauvenargues, sis... au pied de la montagne Sainte-Victoire, paysage fétiche du peintre. « J'habite chez Cézanne », dira-t-il..." ( www.lexpress.fr )