La mante religieuse chez Cocteau et les surréalistes

 

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Parmi les représentations  les plus surprenantes que l’on découvre dans les vitraux réalisés par Jean Cocteau en l’église Saint-Maximin de Metz, celle représentant une mante religieuse retient particulièrement l’attention.

A priori rien d’étonnant puisque cet insecte symbolise à lui tout  seul le principe d’altération élaboré par l’artiste  dans l’ensemble de sa création verrière.

En effet Cocteau dans son dernier chef-d’œuvre  ne cesse d’expliquer que la vie est inséparable de la mort et que celle-ci permet même l’immortalité. Cette dualité  est présente à la racine des choses et notamment lorsque la mante religieuse franchit les frontières de la vie et de la mort  par la procréation et le trépas de son partenaire.

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                                                                               Détail de la deuxième fenêtre  de la première baie de la face sud (chapelle des Gournay)

"Cocteau la connaît suffisamment pour l’avoir déjà décrite dans son poème Requiem :

Rendez-moi cette meurtrière

Compagne cette Mante

Religieuse cet amour

Qui me dévorait son bec

Ses longues jambes d’amazone

Verte son oeil de Pallas

Au fond des fentes du casque »

(« Je décalque l’invisible – les vitraux de Jean Cocteau- Christian Schmitt, Ed. des Paraiges, p.92)

Tout cela rejoint la logique du haut et du bas, de l’ignoble et du sacré. Comme Georges Bataille qui ne cessa de démontrer que la violence réside toujours au cœur du sacré.

De même Cocteau pour qui la pensée créatrice est inséparable d’une expérience de la mort.

Mais Bataille va insister plus d’autres sur la violence des célébrations sacrées en Afrique, en Océanie ou dans les Amériques et va même évoquer le marquis de Sade pour parler de cette culture du délire :

« […] jamais sans doute plus sanglante excentricité n’a été conçue par la démence humaine : crimes continuels commis en plein soleil pour la seule satisfaction de cauchemars déifiés, phantasmes terrifiants ! Des repas cannibales  des prêtres, des cérémonies à cadavres et à ruisseaux de sang, plus qu’une aventure historique évoquent les aveuglantes débauches décrites par l’illustre marquis de  Sade. » (G.Bataille, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, 1970, vol.1, p.152)